Les années qui ont suivi se ressemblent toutes dans ma mémoire. Je travaillais beaucoup, je rentrais fatigué dans mon appartement, je regardais la télévision, je dormais, puis je recommençais. Vu de l’extérieur, j’avais une vie normale. Mais à l’intérieur, je savais qu’il manquait quelque chose d’essentiel.
J’évitais certaines dates, certains endroits, certaines conversations. Je ne voulais pas penser à la vie que je n’avais pas vécue, aux moments que j’avais manqués, aux souvenirs qui n’existeraient jamais.
Le plus étrange, c’est qu’on finit par s’habituer à vivre avec les regrets. Ils deviennent silencieux, mais ils ne disparaissent jamais vraiment.
Dix-sept ans plus tard, j’ai compris que je ne pouvais plus fuir