La tête baissée.
L’air honteux.
Antoine le regarda, cherchant un soutien.
Mais Julien évita son regard.
L’homme d’affaires soupira.
Le poids du monde s’abattait sur ses épaules.
Le stylo toucha le papier.
La juge leva le marteau pour clore l’audience.
Mais juste au moment où le marteau commençait à descendre…
BANG !
Les lourdes portes du tribunal s’ouvrirent violemment.
Tout le monde se retourna.
Une petite silhouette courait dans l’allée centrale.
C’était une fillette.
Elle ne devait pas avoir plus de sept ans.
Elle portait des vêtements usés, une robe jaune déchirée et des chaussures cassées. Ses cheveux étaient emmêlés et son visage couvert de poussière.
Mais ses yeux verts brillaient d’une détermination féroce.
— ATTENDEZ ! — cria-t-elle de toutes ses forces —
— VOUS NE POUVEZ PAS FAIRE ÇA !
Les gardes tentèrent de l’arrêter.
Mais la petite évita l’un d’eux et arriva, haletante, devant le banc des juges.
Dans ses mains, elle tenait une enveloppe kraft froissée.
— Sortez-la d’ici ! — cria soudain Julien depuis la galerie, se levant avec le visage pâle — Ce n’est qu’une enfant des rues !
La juge leva la main.
— Silence.
Elle observa la fillette avec curiosité.
— Qui es-tu ?
La petite releva le menton avec dignité.
— Je m’appelle Sophie Laurent.
La salle devint complètement silencieuse.
— Ma mère travaillait comme femme de ménage dans la maison de monsieur Julien Morel — continua-t-elle — Elle est morte d’un cancer il y a six mois.
Puis elle pointa Antoine du doigt.
— Et je suis venue dire qu’il n’est pas le père du bébé.
Le visage d’Élise perdit toute couleur.
— Mensonge ! — cria-t-elle hystériquement — Sécurité !
— J’ai la preuve ! — dit Sophie en levant l’enveloppe.
Elle prit une profonde inspiration.
— Madame Élise dit que le bébé est de monsieur Antoine… mais ce n’est pas vrai.
Elle leva l’enveloppe.
— LE PÈRE, C’EST MONSIEUR JULIEN !!
Le tribunal explosa.
Journalistes criant.
Caméras filmant.
Avocats se levant.
La juge frappa le marteau à plusieurs reprises.
— ORDRE DANS LA SALLE !