Une similitude frappante
Dans l’atmosphère douillette de ce café, lorsque Julien est apparu, mon cœur s’est mis à battre la chamade. Les mêmes arcades sourcilières, la même expression calme et pensive. Il m’a tendu une enveloppe aux bords usés. L’écriture m’était connue. Trop connue.
La missive s’étalait sur quatre feuillets. Des regrets, d’abord. Pour notre histoire, pour son mutisme, pour sa lâcheté. Ensuite venaient des souvenirs, détaillés, affectueux, presque poignants. Des instants que je jugeais insignifiants… et qu’il avait pourtant gardés précieusement.
Une page entière évoquait ce fils qu’il avait connu trop tard. Ses tentatives de rapprochement, ses remords. Et enfin, une requête surprenante : si nos routes se croisaient un jour, que je puisse lui témoigner de la bienveillance.
Quand l’histoire ancienne trace un nouveau chemin
Suite à cette entrevue, nous avons maintenu le contact. Julien revenait parfois pour un dépannage, parfois juste pour échanger quelques mots. J’ai retrouvé le plaisir de cuisiner, de préparer des pâtisseries, d’attendre une visite. Un soir, sur la terrasse, il m’a avoué s’être toujours interrogé sur ce que représentait le fait d’avoir un foyer. Je lui ai confié que moi aussi.