Au commissariat, l’inspecteur Laurent Morel visionna la vidéo, analysa le rapport toxicologique, écouta l’audio.
— Nous procédons à son arrestation immédiatement.
Je rentrai avant eux. Une heure plus tard, la sonnette retentit.
— Claire Dubois, vous êtes en état d’arrestation pour tentative d’homicide sur Madame Hélène Moreau et tentative d’homicide sur Julien Moreau.
Elle hurla :
— Mon mari est mort !
Je me tenais en haut de l’escalier. Quand la vidéo fut lancée sur la tablette, son visage se décomposa. Elle s’effondra.
Pour la première fois en deux ans… je respirai librement.
Le procès fit la une des journaux. L’histoire du « fils mort revenu vivant » excita la curiosité publique. Claire plaida coupable face aux preuves. Elle fut condamnée à une longue peine. Et surtout, elle ne pourrait plus jamais m’approcher.
Ma santé mit des mois à se rétablir. L’arsenic ne disparaît pas avec des larmes. Mais chaque matin, je voyais mon fils dans la cuisine, vivant, réel, préparant le café avec ses mains rugueuses de pêcheur. C’était ma guérison.
Un dimanche, Julien m’emmena sur la côte pour rencontrer le couple qui l’avait sauvé. Devant l’Atlantique, il retira ses chaussures et laissa l’eau froide lui entourer les pieds.
— J’ai perdu deux ans, maman.
Je l’enlaçai.
— Non, mon fils. Nous les avons retrouvés aujourd’hui.
Face au vent salé, j’ai compris une chose que je n’aurais jamais cru dire après avoir pleuré un cercueil vide :
L’amour revient parfois…
même au milieu de la nuit,
dans un appel impossible,
et dans la vérité cachée au fond d’une tasse de camomille.