Le premier — l’officiel.
Selon celui-ci, tout passait à mon nom.
Mais il y en avait un second.
Conditionnel.
Il entrait en vigueur seulement si mon mari demandait le divorce de sa propre initiative ou s’il était prouvé qu’il avait dilapidé le patrimoine familial.
Et alors tout — la maison, l’entreprise, les comptes — ne passerait pas à moi…
mais à mon fils.
À mon fils Lucas, qui n’avait que huit ans.
Oui, j’ai un fils. De mon premier mariage.
Thomas ne l’a jamais supporté. Il disait toujours qu’« un enfant qui n’est pas le sien empêche de commencer une nouvelle vie ».
Lucas était maintenant dans une maison de campagne en Normandie avec une vieille amie à moi et ses enfants. Là-bas, il s’amusait pendant que je me remettais d’un… incident.
Le même jour où Thomas avait « par accident » levé la main contre moi.
Mais mon père aimait Lucas.
Et c’est à lui qu’il avait tout laissé.
Je terminai mon café. Je posai la tasse sur la table et me levai.
— Tu es sûr, Thomas ? demandai-je doucement. Tu veux vraiment le divorce ?
Il renifla avec mépris.
— Ne fais pas semblant. Ça fait longtemps que tu veux te débarrasser de moi. Tu as seulement peur de rester seule.
— Peur ? souris-je. Non, Thomas. Je n’ai pas peur.
J’attendais simplement le bon moment…
Que disait exactement ce second testament…
et comment allait-il changer la vie de toutes les personnes présentes dans ce salon en quelques minutes seulement ?
Partie 2…
Je fis un pas en avant et posai doucement la tasse de café sur la table. Dans le salon, un silence si profond s’installa qu’on pouvait entendre l’horloge murale marquer chaque seconde.
— Thomas, dis-je calmement, puisque tu as décidé d’annoncer le divorce devant tout le monde, je pense que je devrais aussi dire quelque chose.
Il laissa échapper un rire bref et méprisant.
— Et maintenant quoi ? Tu vas faire une scène ?
Quelques invités rirent nerveusement. Sa mère, Madame Béatrice, s’installa plus confortablement sur le canapé avec un sourire satisfait.
— Allez, parle, dit-elle d’un ton moqueur. Voyons ce que tu as à dire.
Je sortis mon téléphone de ma poche et regardai l’écran un instant.
— Il y a deux jours, le notaire de mon père est venu me voir.
Thomas haussa les épaules.
— Et alors ? Tu crois que quelques papiers vont nous faire peur ?
— Non, répondis-je tranquillement. Je veux seulement vous expliquer ce qui s’est déjà passé.
Le silence retomba dans la pièce.
Camille cessa de sourire. Deux invités échangèrent un regard.
— Mon père était un homme très prévoyant, continuai-je. Il savait qu’un jour quelqu’un pourrait essayer de profiter de ma confiance.
Thomas leva les yeux au ciel.
— Ça suffit avec ce drame.
— C’est pour ça qu’il a rédigé deux testaments.
Madame Béatrice fronça les sourcils.
— Deux ?
— Le premier, vous le connaissez déjà, dis-je. Celui où tout passe à mon nom.
Thomas haussa un sourcil.
— Et alors ?
Je le regardai droit dans les yeux.
— Le second n’entre en vigueur que dans deux cas.
Le silence devint encore plus lourd.
— Si mon mari demande le divorce de sa propre initiative… ou s’il est prouvé qu’il a dilapidé le patrimoine familial.
Thomas éclata de rire.
— Et ça devrait m’effrayer ?