Mon voisin a 51 ans et vit seul depuis 12 ans. Hier, je lui ai demandé pourquoi il ne cherchait pas de compagne… Il m’a donné 6 raisons qui m’ont fait réfléchir.

— Et tu ne te sens jamais seul ?

Julien a souri légèrement.

— Antoine, les gens confondent souvent deux choses différentes : la solitude et la tranquillité.

Il a pris une petite gorgée de cognac.

— La solitude, c’est quand tu as l’impression de n’avoir personne. La tranquillité, c’est quand tu es bien avec toi-même.

Il a fait tourner son verre.

— Je ne suis pas seul. J’ai des amis, des collègues. J’ai ma fille. On se parle souvent au téléphone, et parfois elle vient me rendre visite. À Noël ou pendant les vacances d’été, on essaie toujours de passer du temps ensemble.

Il a regardé par la fenêtre.

— Mais quand je rentre chez moi… j’aime qu’il y ait du silence.

J’ai hoché la tête. D’une certaine manière, je comprenais ce qu’il voulait dire.

— Et si un jour tu rencontres une femme qui pense comme toi ?

Julien a haussé les épaules.

— Alors ce serait différent. Je ne suis pas contre les relations. Le problème apparaît quand les gens entrent dans une relation simplement parce qu’ils pensent que c’est ce qu’ils doivent faire.

Il a souri légèrement.

— Aujourd’hui il y a beaucoup de pression sociale. Si tu as plus de quarante ans et que tu n’es pas marié, les questions arrivent tout de suite :
« Pourquoi es-tu seul ? »
« Tu ne veux pas fonder une famille ? »
« Tu n’as pas peur de vieillir seul ? »

Il a levé les sourcils.

— Mais presque personne ne pose la question la plus importante : « Est-ce que tu es heureux ? »

Nous sommes restés silencieux quelques secondes.

— Donc, pour toi, le bonheur c’est la liberté — ai-je dit.

Julien a secoué lentement la tête.

— Pas seulement la liberté. Plutôt l’équilibre.

Il a posé son verre sur la table.

— Par exemple, une journée normale pour moi est assez simple. Je me lève, je prépare un café. Parfois je vais courir au parc de la Tête d’Or. Ensuite je vais au travail ou je travaille depuis la maison.

Il a souri.

— Le soir, je cuisine quelque chose de simple. Parfois un ami passe, on s’assoit pour discuter et on boit un verre de vin ou un peu de cognac. D’autres fois je lis un livre ou je regarde un film.

Il m’a regardé.

— Ça ne ressemble pas à une mauvaise vie, n’est-ce pas ?