Élise sentit son cœur se serrer.
Il continua.
“On m’a dit que c’était pour m’aider.”
Aider ?
Elle fronça les sourcils.
“Mais ça faisait mal.”
Le silence devint lourd.
Le vent dehors semblait hurler plus fort.
Les jours suivants… rien ne fut comme avant.
Élise ne pouvait pas oublier ce qu’elle avait vu.
Cet objet… dans son oreille.
Pourquoi personne ne lui en avait parlé ?
Pourquoi lui-même semblait-il en avoir honte ?
Et surtout… pourquoi l’avoir caché si longtemps ?
Un matin, incapable de rester dans l’ignorance, Élise se rendit chez la vieille femme du village.
Celle que tout le monde évitait… mais qui savait tout.
À peine Élise entra-t-elle que la vieille leva les yeux, comme si elle l’attendait.
— “Alors… tu as trouvé ce qu’ils ont caché ?”
Le sang d’Élise se glaça.
— “Vous saviez ?!”
La vieille soupira.
— “Tout le monde savait. Mais personne n’a parlé.”
— “Pourquoi ?!”
Un long silence.
Puis cette phrase, lourde de honte :
— “Parce que c’était plus simple de le traiter comme un idiot… que d’admettre ce qu’on lui avait fait.”
La vérité tomba comme un coup de tonnerre.
Quand Mathieu était enfant… il n’était pas complètement sourd.
Il entendait encore un peu.