Roger ouvrit les yeux.
-Soixante?
—Peut-être plus. De plus en plus de porcelets naissaient chaque année.
Roger resta pensif.
Dans la ville, le prix du porc a fortement augmenté ces dernières années, notamment après l'épidémie de peste porcine.
Même une petite exploitation agricole peut générer de bons revenus.
Il regarda de nouveau les animaux.
Ce n'était pas simplement un troupeau.
C'était une seconde chance .
—Mang Tino, a-t-il finalement dit.
-Ouais?
—Le terrain est-il toujours disponible ?
Le vieil homme laissa échapper un petit rire.
—Elle vous appartenait toujours tant que vous payiez le loyer.
Roger sourit.
—Alors… je veux y retourner.
Mang Tino le regarda avec curiosité.
-Retour?
Roger acquiesça.
—Cette fois, je n'abandonnerai pas.
Ils restèrent silencieux un instant, observant les cochons gravir librement la montagne.
Le soleil commençait à se coucher derrière les collines, teintant le ciel d'orange.
Roger sortit son téléphone.
Il a composé un numéro.
Après quelques secondes, Marites répondit.
—Roger ? Es-tu déjà arrivé à la montagne ?
Roger prit une profonde inspiration.
-Ouais.
—Et que s'est-il passé ?
Un bref silence s'ensuivit.
—Vous n'allez pas le croire.
-Ce qui se passe?
Roger regarda de nouveau le troupeau.
Les animaux couraient, jouaient et cherchaient de la nourriture parmi les arbres.
—Nos cochons… sont toujours en vie.
Il y eut un silence à l'autre bout du fil.
-Que?