— C’est la vérité.
Et là… quelque chose a changé en elle.
Son regard est devenu froid.
Dur.
— Tu le crois ?
Je n’ai pas répondu.
— Tu crois un étranger plutôt que ta femme ?
— Je ne sais plus quoi croire…
Elle a tourné la tête vers la fenêtre.
— Alors ne crois rien.
Les jours suivants ont été un cauchemar silencieux.
Elle continuait à agir comme une femme enceinte.
Elle parlait au “bébé”.
Elle achetait des vêtements.
Elle passait des heures dans la chambre qu’on avait préparée.
Et moi… je regardais tout ça, impuissant.
Chaque geste me brisait un peu plus.
J’ai essayé de lui parler.
Doucement.
— On devrait peut-être consulter quelqu’un…
Elle s’est mise en colère.
— Je ne suis pas folle !
Je n’ai plus insisté.
Mais la peur grandissait.
Et puis… il y a eu cette nuit.
Je me suis réveillé vers 3 heures du matin.
Le lit était vide.
Je me suis levé, inquiet.
La lumière de la chambre du bébé était allumée.
La porte entrouverte.
Je me suis approché, silencieusement.
Et ce que j’ai vu… m’a glacé le sang.
Elle était là.
Debout au milieu de la pièce.
En train de bercer… le vide.
Comme si elle tenait un enfant dans ses bras.
— Chut… ne pleure pas… maman est là…
Sa voix était douce.
Mais la scène était terrifiante.
— Regarde, papa est là aussi…
Je n’ai pas pu bouger.
Mon cœur battait à tout rompre.
— Il va nous faire du mal… mais maman te protégera…
Ces mots…
Ces mots ont tout changé.
Je suis entré brusquement.
— Qu’est-ce que tu fais ?!
Elle a sursauté.
Puis elle m’a regardé.
Et dans ses yeux… il n’y avait plus rien de familier.
— Tu l’as réveillé, a-t-elle murmuré.
— Il n’y a personne !
— Si. Elle a serré le vide contre elle. Il est là. Tu refuses juste de le voir.
Je sentais la panique m’envahir.
— Tu dois arrêter…
— Non ! a-t-elle crié. C’est toi qui dois partir !
Elle reculait, comme si je représentais une menace.
— Tu veux nous séparer… comme les autres…
— Quels autres ?