Amelia ressentit un pic d’adrénaline glacée. “Tristan, je n’ai même pas vu les papiers de sortie. J’arrive à peine à aller aux toilettes sans aide. On ramène notre fils à la maison. C’était ça, le plan.”
“Le plan a évolué,” dit Tristan, son ton prenant cette inflexion condescendante qu’il utilisait pour expliquer les ‘réalités du marché’ à ses subordonnés. “Mes parents veulent fêter leur petit-fils. Et franchement, il me faut une nuit sans sentir la nurserie. Toi et Liam êtes en sécurité ici. L’hôpital est une forteresse. Je t’enverrai un chauffeur—service de niveau 1 premium—et je serai à la maison pour onze heures.”
“Un chauffeur ?” La voix d’Amelia était un chuchotement éraillé. “Tu prends ma Bentley—mon auto-cadeau de naissance—pour aller chercher tes parents pour un dîner trois étoiles pendant que je rentre en taxi avec un nourrisson de trois jours ?”
Le masque de Tristan tomba. Le charme disparut, remplacé par un ego acéré et sur la défensive. “C’est ma voiture aussi, Amelia. On est mariés. Ou bien le nom ‘Sinclair’ signifie-t-il que tu possèdes aussi l’air que je respire ? J’ai abandonné ma liberté, mon statut social et mon identité pour devenir ‘M. Amelia Sinclair’. Je mérite bien un putain de dîner.”
À cet instant, la fatigue quitta Amelia, remplacée par une lucidité glaciale comme de l’eau froide dans ses veines. Elle comprit qu’elle ne regardait pas un partenaire mais un poids mort.
“Sors d’ici,” dit-elle.
Tristan prit son ton plat pour de la reddition. Il ramassa le lourd trousseau de la Bentley Continental GT sur la table de nuit dans un tintement victorieux. “Je serai de retour avant que tu ne t’en rendes compte. Repose-toi, bébé.”
La porte se referma dans un clic. Le silence revint, mais cette fois, il était prédateur. Une heure plus tard, l’humiliation était totale.
TROIS JOURS APRÈS AVOIR ACCOUCHÉ, MON MARI A PRIS LA VOITURE POUR ALLER DÎNER. IL M’A LAISSÉE SEULE—ALORS J’AI APPELÉ MON PÈRE.