— Que personne ne bouge.
Vous venez de ruiner votre vie.
Qu’y avait-il dans ce dossier bleu…
et pourquoi cette phrase a-t-elle été le début de quelque chose que personne n’a pu arrêter ?
Partie 2…
Julien n’a pas perdu une seconde à discuter.
Il m’a aidée à m’asseoir dans la voiture avec une délicatesse qui contrastait avec la tension dure dans sa mâchoire.
Il a attaché le couffin d’Élise et, avant de démarrer, il a pris trois photos.
Une de la mèche de cheveux arrachée près de ma tempe.
Une autre du sac abandonné sur le trottoir.
Et une troisième de mes parents et de Sophie devant la porte de l’immeuble.
Ma mère s’est mise à hurler qu’il n’en avait pas le droit.
Mais Julien ne l’a même pas regardée.
Il a conduit directement aux urgences de l’hôpital où on m’avait donné ma sortie la veille au matin.
Là-bas, quand l’infirmière a vu la tension sur la cicatrice et l’état dans lequel j’étais arrivée, elle a demandé au médecin de m’examiner de nouveau.
Le rapport a noté noir sur blanc : « aggravation de la douleur postopératoire due à un effort », « traction capillaire avec lésion superficielle » et « épisode compatible avec des actes de contrainte sur une patiente récemment opérée ».
Pendant qu’on me nettoyait la plaie et qu’on calmait Élise, Julien a appelé la police.
Deux agents ont pris ma déposition cette même nuit.
J’ai parlé depuis le lit, le cœur encore affolé.
J’ai répété exactement les phrases de ma mère, de mon père et de Sophie.
Julien a remis les photos, le rapport médical et les messages que ma sœur m’avait envoyés les jours précédents.
Dans lesquels elle insistait pour dire que son fils « méritait la meilleure chambre de la maison » et que moi « je ne faisais qu’occuper de la place ».
Quand les agents ont demandé pourquoi je me remettais chez mes parents et pas chez moi, Julien a répondu à ma place.
Notre appartement était toujours en travaux.
Et comme je pensais être entourée chez mes parents, j’avais accepté d’y passer quelques jours.
Ce que les policiers ne savaient pas, et que ma famille faisait semblant d’oublier depuis des années, c’est que cet appartement de Saint-Denis n’appartenait pas vraiment à mes parents.