Mon mari m’a obligée à jouer la domestique lors de sa fête de promotion, et il a même exhibé sa maîtresse… mais tous sont restés stupéfaits lorsque le grand patron s’est incliné devant moi en m’appelant « Madame la Présidente ».

Tout le monde se leva. Je restai de dos, arrangeant des coupes sur une table.

Je sentis des pas s’approcher.

— Je cherchais quelqu’un en particulier, dit Rivas.

Laurent sembla déconcerté.

— Quelqu’un ? Qui donc ?

Rivas ne répondit pas. Il marcha droit vers moi.

La salle entière se tut.

Je me retournai lentement.

Nos regards se croisèrent, et il sourit avec un respect sincère.

Puis, sous les yeux stupéfaits de plus d’une centaine d’invités, le directeur général du groupe s’inclina légèrement et déclara d’une voix claire :

— Bonsoir, Madame la Présidente. Nous sommes heureux de vous voir enfin de retour.

Le bruit d’une coupe se brisant sur le sol fut le seul son qui suivit.

Camille resta figée. Laurent pâlit.

Les murmures commencèrent à se répandre dans la salle.

— Présidente ?
— Qu’a-t-il dit ?
— Qui est-elle ?

Laurent s’approcha, incrédule.

— Il doit y avoir une erreur… c’est ma femme… enfin… une femme au foyer…

Rivas le regarda avec un mélange de surprise et de désapprobation.

— Femme au foyer ? répéta-t-il. Monsieur Dubois, permettez-moi de vous présenter officiellement la propriétaire majoritaire et présidente-directrice générale d’Horizon Global Holdings.

Le silence devint pesant.

Quelqu’un laissa tomber un verre. D’autres sortirent discrètement leur téléphone.

Je posai le plateau sur une table et retirai calmement mon serre-tête et mon tablier. En dessous, je portais une élégante robe noire que j’avais dissimulée sous l’uniforme.

La transformation fut instantanée.

Je m’avançai vers Laurent.

Son visage était défait.